Bien vivre un deuil : 3 tâches essentielles à la cicatrisation

 

La perte d’un être cher est sans contredit l’une des épreuves les plus difficiles à vivre. Chaque humain est différent, mais ça prend en moyenne 2 ans pour s’en remettre complètement. Parfois plus. Parfois moins.

Mais comment faire pour bien vivre son deuil? Pour ma part, je ne suis pas une adepte des 5 étapes du deuil (choc/déni, colère, marchandage, dépression/tristesse, acceptation), que je trouve trop passives. Je préfère parler des 3 tâches essentielles à la cicatrisation, qui nous placent dans l’action et qui accélèrent la guérison de l’âme.

 

Un deuil, c’est une blessure psychologique

Imagine qu’un câble te relie à une personne aimée et que celui-ci est formé de plusieurs fils. Ces fils, ce sont tous les moments importants que vous avez vécus ensemble. Plus tu connais cette personne depuis longtemps, plus il y a de moments, plus il y a de fils, plus le câble est gros.

Et quand on perd une personne importante, c’est comme si le câble se détachait d’un coup sec. Ça nous blesse profondément. Alors, cette blessure doit guérir et cicatriser… tout comme une blessure physique.

 

Pleurer

Pourquoi retenir tes larmes? Pleure quand tu as le goût de pleurer, tout simplement. Chaque fois que tu pleures, c’est comme si tu produisais du peroxyde pour désinfecter ta blessure psychologique.

Au début, c’est normal de pleurer souvent, peut-être même plusieurs fois par jour. Au fil des jours, des semaines et des mois, la fréquence et la durée des pleurs vont s’estomper peu à peu.

Cela fait deux mois que tu as perdu ton conjoint, ta mère, ton fils ou ta meilleure amie et tu pleures encore tous les jours? C’est correct. Dans les premiers temps, tu pleurais peut-être 4 fois par jour. Là, ça se peut que ce soit seulement une fois. Avant, tu pleurais toutes les larmes de ton corps pendant des heures, alors qu’aujourd’hui quelques minutes suffisent à évacuer ta peine.

 

Parler à la personne qui t’a quittée

Ça se peut que tu n’aies pas eu le temps de dire au revoir à l’être cher. Quand mon frère a été foudroyé d’une crise cardiaque à 30 ans, je n’ai pas eu le temps de m’y préparer et de lui faire mes adieux. Alors que quand ma grand-maman de 94 ans m’a quittée, même si ça m’a fait de la peine, le choc a été moins gros. On avait eu le temps de se dire tout ce qu’on avait à se dire.

Alors si tu as des choses à dire à la personne qui t’a quittée, assis-toi confortablement et fais semblant qu’elle entre dans la pièce. Et là, parle-lui comme si elle était là. Dis-lui tout ce que tu ne lui as pas dit et que tu as BESOIN de lui dire.

C’est important de le faire à haute voix, car ton cerveau ne fait pas la différence entre ce qui est réel ou imaginaire. Quand tu parles à voix haute, ton cerveau l’enregistre et va comprendre que ce que tu avais à lui exprimé a été dit.

C’est plus facile pour toi d’écrire que de parler? Parfait. Écris une lettre. Mais c’est important que tu la lises à haute voix quand tu vas l’avoir terminée.

 

Raconter tes souvenirs

Lorsque tu racontes tous tes souvenirs, tout ce que tu as vécu avec l’autre, tu te détaches de lui. Tu enlèves un à un, en douceur, tous les petits fils du câble qui vous relie.

Petite précision : se détacher de l’autre ne signifie pas l’oublier… c’est seulement que penser à lui arrête de faire mal.

Si tu ne racontes pas tes souvenirs, ils vont tourner en boucle dans ta tête. Impossible de terminer ton deuil dans ce temps-là.

Ça se pourrait que tu aies peur de tanner ton entourage avec tes histoires. Je te rassure : tes souvenirs ont surtout besoin d’être racontés. Ce n’est pas nécessaire qu’ils soient entendus. Alors, tu peux aller t’acheter un cahier (ou plusieurs) et écrire tes souvenirs dedans.

Tu sais que ça commence à faire effet lorsque raconter tes souvenirs devient moins souffrant. Et si tu pleures en racontant ton souvenir, ça le nettoie avant qu’il soit déposé dans ton musée à souvenirs.

 

Alors cher humain, chère humaine, si tu es en deuil, rappelle-toi ces trois éléments :

  • Pleure autant que tu en as besoin.
  • Parle à la personne que tu as perdue.
  • Raconte tes souvenirs.

Ces trois tâches accélèrent la guérison et facilitent la cicatrisation.

 

Généralement, quand un deuil ne semble pas se cicatriser, c’est qu’on n’a pas pleurer tout ce qu’on avait à pleurer, qu’on n’a pas dit tout ce qu’on avait à dire et/ou qu’on n’a pas raconté tous nos souvenirs.

 

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