Je suis méchant(e)!?

Qu'est-ce qui est méchant ou pas

Je suis méchant(e)!?

Certaines personnes ont parfois, et d’autres souvent, l’impression d’être une méchante personnes sans qu’il en soit le cas!

  • Si je m’occupe de moi… je me considère comme méchante !
  • Je ne peux dire ce que je ressens réellement, ce serait méchant !
  • Je ne peux lui dire non… refuser d’aider, c’est être méchant !

Ce texte est d’abord paru dans le magazine électronique La  lettre du Psy, 2007

 

Souvent, je rencontre des personnes qui s’empêchent de vivre librement parce qu’elles ont appris que dans certains cas, c’était « méchant ». Il semble qu’on leur a fait croire que dès qu’on fait quelque chose qui a un impact désagréable sur l’autre, c’est de la méchanceté.

Ce qui est méchant, c’est ce qui est fait ou dit avec l’intention de blesser. C’est l’intention de blesser qui rend une parole ou un geste méchant et non le fait que l’autre se considère atteint. Un même geste peut donc être méchant ou non, selon l’intention qui se trouve derrière.

L’exemple qui suit illustre comment on peut se qualifier de méchant lorsque ce n’est pas le cas :

Jacynthe se sent seule ce soir, elle téléphone à Monique pour avoir un peu de compagnie.

  • – Bonjour Monique, ça va ?
  • – Oui, ça va. J’ai eu une dure semaine et ce soir, je me gâte un peu. Je me suis acheté le dernier livre de X, mon auteur préféré. Je passerai la soirée à me cocooner. Je m’en réjouis à l’avance !
  • – Hmm… moi ça ne va pas fort. Je me suis chicanée avec mon amoureux et finalement, il passera la soirée chez lui. J’ai envie de te voir ce soir. Tu viens prendre un café à la maison ?
  • – Je tiens vraiment à me reposer ce soir; j’ai plutôt besoin de ma solitude et je n’ai pas du tout envie de sortir.
  • – Monique ! Je t’ai dit que ça va pas et j’ai besoin de parler… je n’ai que toi ! Sois gentille !

Est-ce que Monique est méchante ?

Considérant que chacun est responsable de sa propre satisfaction, c’est donc à Jacynthe qu’appartient cette responsabilité aussi bien que celle de son insatisfaction. C’est à elle de s’assurer d’avoir accès à des sources de satisfaction variées. Si Monique est la seule personne de son entourage à qui elle peut parler de ce qu’elle vit, Jacynthe ne peut la rendre responsable de cette situation.

À ce moment précis, Monique prend soin de son besoin et elle n’est pas disponible pour contribuer à l’assouvissement du besoin de Jacynthe. Si, malgré cela, elle se rendait disponible pour son amie, elle se négligerait elle-même.

Se choisir soi dans un tel conflit, ce n’est pas de la méchanceté, pour autant que ce ne soit pas fait dans l’intention de blesser.

Il est possible que ce que je fais pour moi déplaise à l’autre même si ce n’est pas mon but. Dans la plupart des cas, il est important de se rappeler que l’action n’est pas dirigée contre l’autre mais pour soi et que cela, ce n’est pas de la méchanceté !

Refuser de se mettre au service de l’autre pour se mettre à son propre service, ce n’est pas de la méchanceté.

Que la voix qui me juge « méchant(e) » vienne de l’intérieur de moi ou de l’extérieur, je peux y réagir et dénoncer que c’est faux lorsque ce n’est pas le cas. C’est ma responsabilité de me défendre et d’exprimer que mon intention n’est pas de blesser même si ma parole, mon geste ou mon choix dérange l’autre. Si la voix vient de l’intérieur, je vous invite à lire « Cette voix interne qui me dévalorise ».

 

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